| Lindy hop |
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Le Lindy Hop est apparu dans les années 20 à New York, dans la communauté afro-américaine de Harlem. Il se danse en couple et emprunte notamment les jeux de jambes au Charleston et aux Claquettes. Il puise également son influence dans les débuts du Foxtrot, et dans des danses beaucoup plus anciennes telles que le "Cakewalk" , le "Texas Tommy ", le "Black Bottom" et autres danses dites "animales", comme le "Turkey Trot" ou encore le "Buzzard Lope" etc. L'ancêtre le plus germain du Lindy Hop est sans doute le "break away", dont l'un des meilleurs danseurs fut George "Shorty" Snowdenden.
Le Lindy Hop se danse sur du Jazz, aussi bien sur les rythmes lents que sur les rythmes rapides. (Dans "Hellzapoppin" le tempo est supérieur à 296 bpm !). La posture des danseurs est relâchée et leurs positions souples et fléchies, ce qui permet à la fois une bonne connexion et d'avoir le "bounce". Le Lindy se danse principalement sur 8 temps, mais il peut aussi se danser sur 6 temps, ou 4, ou 10 ou 12 selon les besoins pour l'interprétation musicale. Il ne se réduit pas à une danse en couple, il y a des moments où les danseurs peuvent se lacher, danser ensemble sans se tenir. Toutes les acrobaties y sont également permises. Le Lindy Hop se distingue par la richesse de ses figures, par sa capacité à coller à la musique (le fait de danser majoritairement en 8 temps permet d’être sur la phrase musicale), par l’importance de l'improvisation et par le " jeu " entre les partenaires. En soirée, certains danseurs s'habillent avec des costumes d'époque, d’autres préfèrent des jeans et des t-shirts. Néanmoins, l’amateur de Lindy Hop portera en général des pantalons larges, voire très larges, avec parfois une casquette style années 1930.
Historique :
Harlem, Les années 20 et Lindy Hop :
Dans les années 1920, le quartier d'Harlem, avec ses grands Dancings, était un lieu de divertissement. Des gens de tous horizons, toutes couleurs et toutes classes s'y réunissaient pour sortir et s'amuser. Le jazz était à son apogée, et dans de grandes salles de bal naissent les danses comme le Charleston et le Lindy Hop. Dans l'histoire du Lindy Hop, deux lieux se distinguent, autant par leur célébrité que par leur influence : " The Cotton Club " et " The Savoy ballroom "
Le " Cotton Club " était le lieu de rendez-vous chic de Harlem. L'entrée était réservée à une riche clientèle blanche et glamour, mais en termes d'artistes, le " Cotton Club " accueillait les meilleurs musiciens noirs de l'époque tel que Duke Ellington, Cab Calloway, Louis Armstrong, Ethel Waters etc. Ainsi le Cotton Club fut un lieu incontournable et essentiel à l'essor du swing.
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Le deuxième Dancing qui dominait Harlem était le " Savoy Ballroom " . C'était la plus grande des salles de bals de New York, occupant la totalité du bloc de la 141ème rue jusqu'à l'avenue Lenox. Ouvert en 1926, " Le Savoy " accueillait une clientèle plus modeste, à forte proportion noire.
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C'est au Savoy que le Lindy Hop s'est épanoui, sans doute parce que c'était l'une des rares salles de bal où les blancs et les noirs pouvaient danser, être inspirés et partager leurs mouvements. "The Savoy" est rapidement devenu le sanctuaire du swing et un haut lieu de la danse. L'élite des danseurs de l'époque y était présente, dont la troupe des Whitey's Lindy Hoppers. Le Savoy pouvait contenir jusqu'à 5.000 spectateurs, et c'était nécessaire, avec 70.000 spectateurs par an dansant à la " Home of happy feet ". Le plancher était remplacé tous les 3 ans et a fini par être connu sous le nom de "The Track" (la piste) à cause à sa forme ovale. Les scènes à chaque extrémité de la piste permettaient à deux groupes de musiciens de jouer toutes les nuits, tous les jours de la semaine. L'atmosphère de la salle de bal était électrique et les meilleurs danseurs se réunissaient dans le "Kats Corner", où ils passaient tour à tour pour faire des démonstrations et jouer avec la musique. Les salles de bals américaines ont commencé à organiser des concours hebdomadaires favorisant la rivalité amicale entre les troupes de danse et les danseurs, les poussant toujours à improviser davantage et à créer de nouveaux mouvements pour faire s'exclamer la foule. Les Marathons de danse étaient également populaires, et c'est d'ailleurs pendant l'un d'entre eux que le Lindy a, selon la légende, obtenu son nom.
Le Lindy Hop reçoit son nom :
Le 21 mai 1927, Charles Lindbergh, qui a alors 25 ans, effectua l’audacieux premier vol solo de New York à Paris. Il traverse l'atlantique en 33h30 à bord de son avion monomoteur le ? Spirit of Saint Louis ? et atterrit au Bourget sain et sauf. Tout le monde se passionna pour le saut (hop) du triomphant aviateur, et les journaux américains titrèrent : " The lucky Lindy hop's the atlantic ! " (Le chanceux Lindy a traversé l'atlantique !).
Dans le même temps, du coté de Harlem, au cours d'une soirée de l'été 1927, un journaliste assistant à un marathon de danse organisé au Savoy Ballroom de New-York fut émerveillé de la performance des danseurs. Désirant rapporter l'événement dans son journal, il demanda à l'un des danseurs le nom de cette danse. Georges " Shorty " Snowden, ne sachant que répondre, lui dit en se remémorant les gros titres des journaux du moment : " The hop, The Lindy hop..., we're flying just like Lindy did " . L’appellation fut reprise dans les journaux dès le lendemain. D'ailleurs, l'avion de Charles Lindberg est souvent un élément récurrent et symbolique chez les lindy-hoppers.
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La conquête des Etats-Unis :
Si le lindy hop est officiellement né à la fin des années 20, il n'a véritablement été dansé dans tous les Etats-Unis d'Amérique qu'une dizaine d'années plus tard en 1937, à la suite du célèbre concert de Benny Goodman au Paramount Theater de New-York. Durant cette soirée, trois mille amateurs de swing furent transportés par la prestation et ce fut le déclencheur de l'âge d'or du jazz/swing. La danse fut évidemment associée à ce mouvement musical. Peu a peu, le Lindy Hop se répand à travers les Etats-Unis et le monde entier, grâce à plusieurs troupes qui vont se produire dans les cabarets et théâtres. La plus connue de ces troupes est celle des Whitey's Lindy Hoppers dont les membres les plus célèbres sont Frankie Manning, Al Minns et Leon James.
![]() ![]() ![]() Cette troupe participe à plusieurs films comme " Hellzapoppin' ", " Un Jour Aux Courses " (Marx Brothers), " Radio City Revels ", etc. ..
Les scènes de danses étaient fabuleuses, mais n'influençaient pas le film, de sorte que ces scènes étaient coupées dans les versions diffusées dans les états ségrégationnistes du Sud. Cette troupe s'est même produite à Paris, au Moulin Rouge, avec à sa tête, le grand Monsieur du Lindy Hop : Frankie Manning.
En se propageant aux Etats-Unis, le Lindy Hop n'est pas resté une danse réservée à la communauté noire. Après le Charleston, les jeunes blancs vont s'approprier le Lindy Hop. Pour rendre cette danse un peu plus " respectable " , ils vont l'assagir et atténuer le côté exubérant et fou... Elle prendra le nom de Jitterbug (L'alcool distillé de façon illégal l'appel le "jitter" , et dans l'argot de l'époque, les tremblements alcooliques étaient appelées "jitters" ). Le Jitterbug reste cependant très proche du Lindy Hop, si bien que l'on pourrait les confondre. Des troupes blanches vont voir le jour et se produiront dans différents films à Hollywood avec les grands orchestres blancs de l'époque. Ainsi, on voit des danseurs avec Harry James, Tommy Dorsey et bien sur le "Roi du Swing" : Benny Goodman.
![]() Dean Collins par exemple a été à l'origine de ce que nous connaissons maintenant comme le style "Hollywood" (Eric et Sylvia) et "Smooth Lindy " (Sylvia et Jonathan). Dean avait appris le Lindy à New York au début des années 30, avant de se déplacer à Los Angeles emportant avec lui le style "Savoy" du Lindy. Arrivé à Los Angeles, Dean a lissé la danse et y a ajouté sa touche personnelle. Cela l'a conduit vers la chorégraphie et il réalisa de nombreux films tels que "Lets make Music", "Chool Song" et "Buck privates". Dean a également codifié la danse pour la rendre enseignable.
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D'indénombrables styles de Lindy sont apparues car si le style le plus connu reste le Savoy, d'autres, comme le Hollywood, ont très vite êtes inventés. Rappellons que le Lindy Hop ne se résume pas à ces deux styles. La façon de danser de George " Shorty " Snowden était différente de celle de Frankie Meanning, dont la posture penchée en avant était si caractéristique qu’il était aisé de le reconnaître sur une piste de danse au milieu de centaines de couples. Il existe en fait d'indénombrables styles de lindy, le but de chaque danseur étant de trouver son propre style. Mais revenons à présent à notre historique.
Années 40, le Lindy traverse l'atlantique :
La diffusion du Lindy Hop ne s'est pas cantonnée aux Etats Unis, loin de là. Durant la seconde guerre mondiale, le Lindy Hop (ou plutôt le Jitterbug) traverse l'atlantique et arrive en Europe. Les GI's américains ont apporté avec eux leur musique et leur manière de danser. Ils vont danser dans les Ballrooms de Londres, les caves parisiennes et tous les endroits où l'on joue du Jazz. A certains endroits, le Lindy Hop a alors évolué pour donner naissance au BeBop, plus adapté aux petites pistes de danse des caves parisiennes. Une évolution similaire en Allemage donne naissance au Boogie. Aux Etats-Unis, la musique Rock'N Roll voit le jour et le Jitterbug évolue pour donner le Jive et le Rock.
De nos jours, on trouve un renouveau du mouvement swing tant au niveau de la danse qu'au niveau musical avec des groupes comme le Bill Elliott Orchestra, Indigo Swing, Steve Lucky... Les danses retro sont réapparues avec les groupes de neo-swing. Le Lindy retrouve les grands écrans avec "Malcolm X", "Swing Kids", "A League of Their Own", "The Mask" et "Swingers". La télévision a également favorisé les nouveaux danseurs de Lindy, avec des apparitions dans Ally McBeal, Carnival et les publicités GAP.
Le Lindy Hop est indiscutablement plus grand maintenant qu'il ne l'était à la grande époque du Savoy. Les Lindy Hoppers de Whitey n'auraient jamais pensé que leur danse se serait éparpillée ainsi à travers le monde par l'intermédiaire d'Internet, des vidéos, des ateliers et des cours.
Comment se danse le Lindy Hop ?
Le pas de base :Pour ce qui connaissent déjà le Rock, le pas de base en 8 temps correspond (en très gros) à celui du Rock (6 temps) auquel on aurait ajouté un " marche marche " entre les deux pas chassés. Voici un tableau des pas. Le mouvement est symétrique et calé sur la musique en 8 temps.
(On notera que le triple step est, en général, effectué sur le rythme syncopé de la musique swing ce qui le différencie, par exemple, du Cha-cha-cha).
Le guidage :
En position de couple (fermé), le guidage se fait principalement par la main du cavalier qui se trouve dans le dos de la cavalière. La grande majorité de l’information passe par cette connexion, et non comme on pourrait le croire par les mains qui sont jointes. L'information est souvent complexe et surtout elle doit passer aussi instantanément que possible entre les deux partenaires. Pour faciliter la transmission des information, les lindy-hoppers se tiennent :
L'accent est mis sur la communication entre les partenaires et sur la connexion, c'est-à-dire sur la sensation de tension musculaire entre le danseur et la danseuse. La connexion permet au cavalier de faire effectuer à la cavalière diverses variations (modifications des pas de la danseuse ou de ses déplacements). La cavalière peut même " prendre le guidage " en donnant une information par l'intermédiaire de la connexion, et inverser les rôles : elle décide de ses mouvements et de ceux du cavalier. Lorsque la danseuse est lâchée par le danseur, elle est libre d'effectuer toute variation qu'elle juge appropriée.
Les passes : Les passes en Lindy sont extrêmement variées, cependant, on retrouve toujours certains classiques :
Symbiose avec la musique :Le Lindy est basé sur l'écoute de la musique : une musique dynamique sera plutot interprétée de façon exubérante, un morceau plus Blues ou calme de façon plutôt intime. Lorsqu'une phrase musicale monte, le cavalier peut par exemple ouvrir sa danse, et la fermer lorsque la phrase descend. De plus, les 8 temps du pas de base correspondant aux 8 temps de la phrase musicale, s'il y a un accent dans la musique, les danseurs peuvent le marquer. La phrase musicale se repère souvent par un double coup de caisse claire (ou de charleston) lorsqu'elle se termine (temps 7 1/2 et 8, souvent prolongés par un coup sur le 1 lors des breaks). Chercher à danser avec la musique et avoir des passes qui commencent et finissent avec les phrases musicales, est très agréable et surtout très pratique pour faciliter le guidage et l'interprétation des breaks.
Les breaks :Les danseurs marquent aussi les breaks dans la musique (un break est une interruption passagère de la musique généralement du temps 1 au temps 8). Ces breaks sont annoncés par un coup de caisse claire faisant ? taire ? tous les autres instruments lors de :
Le break doit d’abord être repéré pour ensuite être interprété, non seulement selon la musique, mais aussi selon l’interprétation du partenaire (improvisation). L'interprétation des breaks est un bon moyen de repérer les danseurs qui ont un niveau avancé.
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